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Michaël à l’Echappée Belle un Ultra-sévère et ultra-beau

30 août 2016 vu 1 220 fois Pas de commentaire
Mon ultra-été
          L’Echappée belle comme premier ultra ? beaucoup m’ont pris pour un fou… pourtant je savais que ce parcours correspondait exactement à ce que je cherche en montagne, du sauvage, du technique, de l’authenticité.
          Il est vrai que ce parcours à de quoi effrayer un peu: 144km près de 11000m de D+, aucun village traversé, juste qq hameaux et pistes de ski comme seule civilisation. Et surtout, les cailloux de Belledonne ! Ici, pas de beau et large sentier, mais des petites traces qui zigzaguent entre les millions de rochers qd ce n’est pas des bonds de roc en roc sur d’interminables pierriers…
          Alors je me suis inscrit, très tôt dans la saison, j’ai planifié un entrainement raisonné avec un objectif intermédiaire, les 80km de Mont Blanc (déjà un bel objectif en soi, parcours plutôt technique aussi et météo caniculaire) et la classique préparation pyrénéenne estivale entre hautes Pyrénées et Pays Basque. Belledonne rappelle d’ailleurs étrangement les Pyrénées, par la topologie de la montagne, par les paysages et pas la rudesse de ses pentes…
            Au départ de l’échappée belle, on sent la saine pression envahir les 500 participants. L’an dernier seuls 47% ont rallié l’arrivée et des températures très chaudes sont annoncées en cette fin aout 2016… la speaker fait retentir la fameuse cloche que tous rêvent de faire sonner en guise de récompense à l’arrivée à Aiguebelle.
            Je suis accompagné par mon frère Serge et Catherine qui suit Ronan.
           Vendredi, 6h, c’est parti pour une longue traversée.
            J’ai décidé de limiter l’effort pour en garder le maximum sous le pied avec le seul objectif de finir, ce sera déjà une belle victoire sur cette course très sélective. La montée se passe bien dans la fraicheur de fin de nuit, en sous-bois (terrain que nous retrouverons 120km plus loin, pas avant…).
           A partir du premier ravito, nous entrons dans la vraie montagne, avec une section de 40 km à plus de 2000m d’altitude, point culminant à 2920m (ndlr: le Pic de Belledonne), innombrables lacs perchés, refuges de haute montagne, cols abrupts, névés, descentes glissantes, le tout sous un soleil de plomb ! Cette partie va faire des dégats et à la base de vie du Pleynet, le nombre d’abandons ou hors délais est déjà conséquent !
          De mon côté, la stratégie paie, j’avance bien, sans souffrance (juste quelques problèmes gastriques mais rien de très grave). J’arrive au Pleynet vers minuit après une horrible descente interminable et un peu de doutes… J’essaie de dormir un peu mais n’y parviens pas… après 2h de pause, je repars vers 2h du matin en compagnie d’Arnaud, rencontré en chemin (avec qui je ferai les 85 « derniers » kilomètres).
          A partir de là, j’ai une forme incroyable, nous enchainons les montées / descentes dont le fameux col de Moretan et ses 1500m de D+ dans les rochers et sa descentes très technique équipée de cordes fixes sur 300m de dénivellé ! J’arrive à Super Collet (km 96) en courant, dans un état incroyablement frais, Catherine, Ronan (qui a malheureusement abandonné) et Serge n’en reviennent pas…
          Il est 16h, samedi, quand nous repartons vers Val Pelouse, pour la section la plus mémorable de la course : crêtes des Ferices, col d’arpingon, col de la freche (si vous avez l’occasion d’aller randonner là-bas, n’hésitez pas !). Section très sauvages (encore plus que le reste), rudes montées, cols escarpés, parcours somptueux en arête rocheuse, le tout avec le soleil couchant, le top !
         Arrivée à Valpelouse à 22h, mes fideles suiveurs sont toujours là… je tente de dormir mais n’y arrive toujours pas (c’est incroyable…)
         Nous repartons vers 23h30 apres une bonne pause pour les derniers 30km avec juste 1200m de D+ et pas mal de descentes.
          Tout va toujours bien mais le sommeil fait insidieusement son apparition vers 2h du matin… endormissement debout, des hallucinations font leur apparition mais quand je me couche au bord du chemin, le sommeil ne vient pas… c’est à n’y rien comprendre ! on serre donc les dents et encaissons dans la douleur les 8km de descentes en foret qui nous paraissent faire 50km !!!
           L’apparition du dernier ravito, un village de yourtes en pleine forêt, est vécu comme un miracle ! j’arrive enfin à dormir une trentaine de minutes. Au réveil, il est 5h30, il nous reste 13km pour rallier l’arrivée. Je mange une bonne soupe (comme à tous les ravitos, tous tenus par des bénévoles exceptionnels) et nous repartons.
            La forme est là, nous attaquons une dernière montée de 500m de D+ que nous avalons aussi facilement que la soupe. Puis viennent une dizaine de km de descentes, au lever de soleil pendant lesquels nous profitons de ces derniers instants en montagne, convaincus que nous la ferons sonner cette cloche !!!
             C’est chose faite à 8h20, dimanche matin, accueillis évidemment pas Catherine, Ronan et Serge.
              C’est une expérience incroyable, avec une gestion de course parfaite. Je n’ai jamais eu le sentiment de ne pas y arriver et j’arrive frais comme jamais après une longue course !
              Je conseille cette course à tout le monde mais il faut avoir une très bonne expérience de la montagne et une parfaite connaissance de soi !… cette année seuls 148 coureurs ont rallié l’arrivée (sur 500 partants !)
              Place à quelques jours de récup et à bientôt sur les sentiers 😉
Quelques chiffres :
144km
10900m D+
50h22mn 
113eme au scratch (159 finishers, 500 partants)
  Michaël
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