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Michca: ton super marathon de Montréal

28 septembre 2013 vu 831 fois Pas de commentaire

Tout d’abord l’intro… du Grand Manitou:

Félicitation Michel !!!  tu as réglé ce marathon de Montréal de « main de maitre! », comme un métronome,  une super régularité : 30′ au 5km, 1h01′ au 10km, 2h11′ au semi……et 4h29’26 »à l’arrivée, Bravo!!!

René

Et maintenant ta course  Michel:

Lâche pas !

Un peu monotone, ce marathon de Montréal. De grands boulevards tout droits sur des kilomètres. On croise de l’autre côté les coureurs qui nous précédent. Ce boulevard qui descend, il faudra le remonter. C’est un peu déprimant. Il n’y a pas de barrière qui nous sépare. On pourrait tricher, traverser le boulevard et rejoindre ceux qui sont devant. Mais j’aimerais mieux me faire hacher menu que de faire ça.

– Vas-y, Michel !

Tiens ! On me connaît ! Mais je réalise que mon prénom est marqué sur mon dossard. Plusieurs fois, sur le parcours, on m’encourage :

– Bravo Michel ! Continue Michel !

Impression stimulante d’être reconnu.

Aucun char (1) dans les rues, aucune congestion (2). Les boulevards sont à nous.

Je me suis placé près du meneur d’allure de 4h30. Je parle pour oublier les kilomètres. Puis je le perds au vingtième et je le retrouve trois kilomètres avant la fin.

La foule augmente à mesure qu’on approche de l’arrivée. Je commence à ralentir et j’ai envie de marcher. On m’encourage.

– Lâche pas !

Le plaisir de courir a disparu. Il faut aller jusqu’au bout, résister au désir de marcher, oublier la fatigue, la lourdeur de ses jambes. La course à pied est un combat contre soi-même. Enfin la ligne d’arrivée ! Je suis à bout de forces. Je crois que je ne pourrais pas faire cent mètres de plus. Mais ce n’est qu’une impression : s’il y avait un grizzli derrière moi, je serais capable d’accélérer.

Je n’ai pas rempli mon contrat : je m’étais donné 4h30. J’ai mis 4h29 minutes 26 secondes. Je suis arrivé 34 secondes trop tôt.

Passé la ligne d’arrivée les douleurs se réveillent. Je suis devenu un zombie. J’avance avec peine, je boite, je suis comme un vieux perclus de rhumatismes. Au fond, ce qui est dur dans le marathon, ce ne sont pas les 42 kilomètres, ce sont les 500 mètres à faire jusqu’au métro quand on a du mal à marcher à cause des courbatures.

Il faut maintenant rentrer à la maison. Après huit jours à Montréal on a l’impression d’être chez soi. On a toujours connu l’avenue Papineau, l’avenue Sherwood, le boulevard Jarry. Nous avons déjà nos habitudes, notre station de métro, notre boulangerie, notre épicerie Provigo, notre « dépanneur » (3). Tous ces lieux, si étranges à l’arrivée, nous sont devenus familiers. Et l’on va bientôt prendre l’accent. Mais il faut revenir et c’est à Venelles que je suis dépaysé. Je ne retrouve plus mes repères. Où est le métro ? Qu’est-ce que c’est que cette « rue des écoles » ? et cet Intermarché ? Il n’y a pas de « dépanneur » ? Et où est-ce que j’habite ?

(1)   Voiture

(2)   Bouchon

(3) Magasin ouvert tard le soir et qui dépanne quand on n’a plus rien dans le frigo.

Michel