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L’entraînement d’un marathonien

11 août 2013 vu 819 fois Pas de commentaire

Bonjour amis Speedyens vacanciers.
En cette période de farniente et en attendant les résultats de ceux d’entre nous qui se dépensent un max aujourd’hui au trail Ubaye Salomon ,  voici pour votre lecture un texte sportif que vous a concocté notre écrivain du club:
L’entraînement d’un marathonien
Il y en a qui, pendant les vacances, font la grasse matinée. Quel temps perdu à dormir ! Quel gâchis ! En ces temps de canicule, le matin est le moment le plus agréable de la journée et le meilleur moment pour s’entraîner pour un marathon. Voici donc mon programme pour préparer le marathon de Montréal :
Lever à six heures. Douche froide pour le réveil. Petit-déjeuner pour ne pas subir d’hypoglycémie mais frugal pour éviter les digestions laborieuses. Départ à sept heures de la Croix-de-Pierre pour un entraînement d’environ 16 kms : aller et retour jusqu’à Meyrargues par le chemin de Réclavier. Il fait frais. Les coqs chantent. Le soleil n’a pas encore émergé des collines et les chemins sont à l’ombre. Je suis seul avec mon chien sur le sentier : « la solitude du coureur de fond ». Parfois cependant il m’arrive de croiser quelques randonneuses ou un groupe de vettétistes qui profitent comme moi de la fraîcheur matinale. Le chemin puis la route longent la voie ferrée. Il y a aux abords de Meyrargues une merveilleuse fontaine, ce qui m’évite de prendre un camel bak.
J’avais un ami qui s’ennuyait lorsqu’il courait. Cela ne m’arrive jamais. Quand je cours avec d’autres, je parle. Des blagues idiotes, des plaisanteries stupides. Des jeux de mots tirés par les cheveux. J’ai jeté aux orties mon froc de prof. En vieillissant on redevient potache. Quand je cours seul j’improvise dans ma tête les fragments d’un poème ou je concocte un article pour le speedy que j’écrirai plus tard. Les kilomètres défilent sous mes pieds sans que je m’en aperçoive. Tiens ! me voilà déjà à Meyrargues.
Désolé pour les entraîneurs (euses) du speedy, je suis un mauvais coureur : je ne m’entraîne pas selon les règles. Je suis ma fantaisie. Je me fais plaisir. Pas de plan d’entraînement, pas de fractionné. Je n’ai pas l’œil fixé sur le chrono, rivé sur le cardio. D’ailleurs je n’ai ni chrono ni cardio, même pas de montre. Tant pis je ne ferai pas un bon temps. J’ai perdu depuis longtemps l’espoir de faire moins de trois heures. Il y a comme ça des rêves qu’on ne réalisera jamais. Mais, comme disait l’autre, l’essentiel est de participer. Je veux simplement ne pas trop souffrir après le trentième kilomètre et être encore en état d’embrasser ma fille qui viendra m’accueillir à l’arrivée.
J’aborde les derniers kilomètres. Le soleil s’est élevé au-dessus des collines. Il commence à faire chaud. L’ombre a disparu et je cours en plein soleil. 8h45. J’arrive à la Croix-de-Pierre. Quelques étirements. La séance est finie. Je serai au bureau (je veux dire chez moi) pour neuf heures. Une belle journée commence.
Demain, je ferai encore 16 kilomètres et après-demain 20. Le 22 septembre j’en ferai 42.

Note de lecture
Je vous conseille la lecture du livre autobiographique de l’écrivain japonais Haruki Murakami : « autoportrait de l’auteur en coureur de fond ». Vous vous y reconnaîtrez. Allongé sur une serviette, les pieds en éventail sur le sable doré, vous pourrez savourer la douce jouissance de souffrir par procuration.
Michel Cahour

Christian48