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Nicolas et la Saintélyon

5 décembre 2017 vu 170 fois Pas de commentaire
Ami(e)s Runners,   
Me revoilà inscrit sur la SAINTEXPRESS pour cette année avec l’objectif de la faire à plusieurs Julien, Malek, Fred et Thomas.
Malheureusement, Thomas a dû déclarer forfait quelques jours avant la course, il est maudit concernant cette course.
Le but, cette année, n’est donc pas d’aller chercher un temps mais d’emmener au bout Julien qui n’a jamais couru une course aussi longue et exigeante, et qui aura 45 ans dans la nuit de samedi à dimanche.
 Ma préparation cette année a été moins tournée sur le cardio et sur les courses longues.
 L’inscription au club de running le « Speedy Club de Provence » m’a permis, les mercredi soir, de faire des entraînements spécifiques et être confronté à des personnes d’un très bon niveau ce qui permet de s’accrocher pour suivre et aller à sa limite.
 Parallèlement, j’ai fait quelques séances de musculation et de cardio avec les programmes que j’avais retenus lorsque j’avais mon coach l’année dernière pour préparer ma première SaintExpress en solo.
 Néanmoins, les sorties longues n’ont pas été légions et finalement il n’y a eu que 2 ou 3 véritables sorties par semaines maximum y compris l’entrainement du mercredi.
Ceci dit je me sens en forme et prêt physiquement et mentalement, même s’il faut le reconnaitre je suis moins affuté que la dernière édition, 2 ou 3 Kg de plus sur la balance et ça compte. J’ai un problème avec le chocolat noir, va falloir le résoudre …
 Je vous l’ai déjà dit le moindre gramme supplémentaire joue un rôle non négligeable dans le déroulement d’une course.
 La météo cette année nous promet une vraie SaintéLyon ! La neige abondante est au rendez-vous ainsi qu’un bon froid givrant et de bonnes plaques de verglas bien cachées.
 Pour une première Julien aura la totale, on ne va pas être déçu également.
 J’ai peur de revivre le remake du Trail de la Sainte Victoire avec la boue, mais cette fois version blanche (petit clin d’œil à Thomas et ça va être le cas…).
 Nous arrivons donc à la Halle Tony Garnier en fin d’après-midi pour retirer les dossards, l’attente est encore longue jusqu’à 21h, départ des cars pour Sainte Catherine.
 Je rencontre Michel du Speedy qui va le faire avec sa fille, on se retrouvera à l’arrivée.
 La cohue est toujours de mise pour monter dans les cars, normal on est en France pas de discipline !
 Nous arrivons néanmoins à nous faufiler dans un bus qui se trouve plus au fond.
 Nous avons décidé de nous habiller et préparer quasiment en totalité ; nous espérons, comme l’année dernière, pouvoir rentrer dans le petit gymnase pour finir de mettre nos derniers équipements et nous réchauffer jusqu’au dernier moment…
 Malheureusement nous allons avoir une grosse surprise.
 Tout d’abord, nous avons parcouru la trentaine de kilomètre avec une chaleur de dingue à bord du car. Une personne demandera d’ailleurs au chauffeur de baisser le chauffage sous peine de nous voir tomber comme des mouches, petit à petit !
 Arrivée à Sainte Catherine, il est 22 heures, nous avons déjà depuis plusieurs kilomètres aperçu la neige qui est abondante et en plus de cela, il fait beaucoup plus froid que l’année dernière !
 Nous débarquons dans l’espoir « naïf » de pouvoir finir de se changer au chaud comme prévu !
 Hélas, l’accès au gymnase est interdit, et la seule tente chauffée a été squattée par des centaines de coureurs serrés les uns contre les autres comme des sardines ou des bestiaux !
 Impossible de rentrer pour se changer.
 Je suis dingue ! Pas sérieux ni professionnels pour une course d’un tel calibre !
Nous finissons donc de nous préparer dehors à l’ancienne, il doit faire -5° C.
 Nous allons ensuite déposer nos sacs ou valises dans les camions chargés de les ramener à la « maison », la Halle Tony Garnier, pour les récupérer à l’arrivée et prendre « THE DOUCHE CHAUDE », j’en rêve déjà !
 Un petit mot sur mon équipement :
 Au pied mes chaussures de Trail Sauçony Xodus toujours aussi efficace pour cramponner et polyvalente sur bitume, chemin …et sur la neige.
 Les chaussette montantes « spécial hiver » (je n’aurai jamais froid aux pieds), mes manchons de compression pour mes mollets (ah mes mollets !), un cuissard de compression spécial cuisse et mon cuissard long en goretex.
 Pour le haut, j’ai choisi de mettre en première couche mon teeshirt moulant, Under armour spécial froid, que je mets à la montagne pour faire du ski (erreur…), le teeshirt long chaud Craft (j’aurai dû le mettre en premier), un pull polaire et mon coupe-vent sur lequel j’ai mis mon gilet avec bidon et ravito, mais cette année je vais ressentir le froid.
 Sur la tête, j’ai pris le choix de mettre ma cagoule de ski intégrale en mode GIGN avec mon cache cou et j’ai bien fait ! Surplombée de ma lampe frontale nao2.
 Pour les gants, comme l’année dernière une première couche de gants fins et les gants plus chauds avec moufles amovibles qui sont tops pas de problème là-dessus.
 Il est bientôt 23 heures, nous avons décidé de nous mettre dans le premier départ qui sera suivi par deux autres, séparés d’1/4 d’heure chacun.
Ça caille vraiment, j’attends le top départ avec impatience ça fait une heure qu’on attend.
 23 heures c’est parti, comme l’année dernière nous traversons le village de Sainte Catherine et nous attaquons directement la montée vers Brûle fer à la queue leu leu, et ça bouchonne, fini le parcours de l’année dernière et les zigzags c’est une première nouveauté du cru 2017.
 Comme d’habitude mes mollets me font mal (va falloir que je trouve le remède !!!), il faudra attendre 5 bons kilomètres comme d’habitude pour que ça aille.
 Autre nouveauté de cette année, la neige qui est très abondante et pas encore tassée par le passage des coureurs.
 Nous sommes dans les premiers à passer avec de la poudreuse bien 20/30 cm, c’est compliqué d’avancer.
 Les plaques de verglas sont présentes sur les parties routes et les cailloux, alors méfiance surtout en descente, les premières chutes sont visibles et ça peut faire mal.
 Au menu de ces13 km, jusqu’au 1er ravito, 433 D+ et 507 D-, cela va être l’une des parties les plus dur du parcours, neige, verglas, vent glacial sur les parties non protégées par les forêts, on souffre mais l’effort fait monter la chaleur
Néanmoins, le paysage est magnifique avec ce blanc et ses serpentins de lumières que l’on aperçoit au loin sur des kilomètres grâce à un temps dégagé et une Lune qui nous éclaire bien.
 Cela fait oublier la dureté de ce passage.
 Nous avançons tranquillement, et nous marchons en montée autant ne pas nous exploser tout de suite.
 La neige est présente et on a l’impression de marcher dans le sable, c’est dur !
Comme si l’on montait la dune du Pilat sur des kilomètres, les mollets dérouillent, je revis le Trail de la Sainte Victoire !
 Le cauchemar parfois on se demande ce que l’on fait là perdu en pleine campagne par -12°C à 3 heures du mat …. Mais on est en groupe et cela motive.
 Nous passons le point culminant de la course, le Signal de Saint André, plus 900 m d’altitude où il fait un froid sibérien ( -12°C) nous ne nous attardons pas, nous venons de passer le col !
 Pendant ce temps, derrière, ça galère et les chutes sont légions durant la descente.
 Je croise Véronique, du Speedy, que j’avais déjà saluée au départ, dans la descente d’un single bien glissant qui me demande « qu’est-ce que c’est que cette course ! » je souri.
Le plus vieux Trail de France, plus de 60 ans.
 Nous arrivons au premier ravitaillement à Saint Genou le camp (13km) qui est simplement liquide et servi à l’extérieur.
 Nous restons quelques minutes, je bois de la soupe bien chaude et nous repartons lorsque Julien est prêt mais il ne faut pas tarder ; on a transpiré et l’on se refroidi, mon équipement n’est pas prévu pour s’arrêter longtemps.
 En effet, les teeshirts prêts du corps, plutôt adaptés pour un effort continu se refroidissent et ne remplissent plus leur rôle.
 Nous repartons, je m’arrête pour uriner et je repars en pensant que je suis derrière Malek le seul à avoir un short sur son cuissard long…mais ce n’est pas lui il y en a un autre ….
 Mince je ne vois pas les autres ! je les retrouverai au 2ème ravito à Soucieux en Jarez …,
 Je pense être devant et bien non, ils ont bien couru et je les retrouve 4 km plus loin…ouf !
Julien est plus silencieux qu’avant, on n’est pas loin du 20ème kilomètre et cela commence à lui tirer sur l’organisme, il gère, on avance tout doux alternant course et marche en montée.
 Mais en tant qu’ancien chasseur alpin, ça va tenir.
 Nous arrivons au ravitaillement de Soucieux en Jarez (24 km), cette fois dans le gymnase chauffé ou du liquide et du solide nous attendent.
 Julien a mal un peu partout, il va se changer, il est mouillé de chaud…, il prend son temps pour récupérer mais il faut y aller, nous nous refroidissons et risquons de le payer.
 Cela fait déjà plus d’un 1/4 d’heure que nous sommes sur place à coté de coureurs alignés sur les relais qui dorment et qui attendent leurs relayeurs qui vont arriver dans quelques heures.
 J’ai la bonne idée avant de repartir de faire remplir ma gourde de thé bouillant, ensuite je pourrai boire du thé glacé… d’ailleurs, à un moment, mon tuyau commençait à geler et l’eau ne sortait plus.
Cela va me servir de bouillotte pendant une bonne 1/2 heures car notre sortie du gymnase est compliquée.
 En effet, nous avons froid et il nous faudra de nombreuses minutes pour se réchauffer, les vêtements prêts du corps ont refroidi et je me caille…
Heureusement pour le moral il fait moins froid qu’au sommet des crêtes et le dénivelé est plus clément jusqu’à Chaponost, on se réchauffe petit à petit.
 Néanmoins, les douleurs arrivent, les muscles tiraillent un peu mais pas de soucis, ni de crampes en vue ; par contre, avec Fred, nous avons mal au ventre mais ça va aller.
 Mais il gère en vieux briscard spécialiste des marathons.
 Malek a hâte de finir, cela commence à tirer également et je le vois se mettre devant et mettre le tempo.
 Julien, quant à lui, a mal partout, les signaux d’alerte clignotent, il faut y aller cool mais je sais qu’il a le mental, il ne lâche pas. On se relaye à ses côtés pour le motiver.
On alterne bitume et chemin même si le bitume est de plus en plus présent.
 Nous allons arriver à Chaponost (36km) au dernier ravitaillement, et il restera 8 km.
 Nous avons décidé de ne pas nous éterniser pour éviter de nous refroidir comme au précédent.
 Je mange un peu et rempli mon bidon de… thé brûlant.
 Nous prenons donc la direction de Lyon qui est de plus en plus prêt, en alternant petit parc avec étang où il fait froid et humide et l’entrée dans l’agglomération lyonnaise
 Les chemins font place au bitume, nous allons enchainer quelques singles montants avec marches, et la route qui longe l’aqueduc romain avec une côte sur 800 m et ses 18 % de dénivelé histoire de nous achever si l’on en avait encore besoin.
 Tout le monde marche, mis à part les 1er de la SaintéLyon qui courent et nous dépassent déjà depuis plusieurs kilomètres (des extraterrestres ils n’ont pas la même vie que nous…).
 Ce crue 2017 nous réservera quelques dernières surprises avec de petites côtes bien raides histoire de nous achever et de m’énerver mon Ju qui n’avance plus qu’au mental.
 Pour finir, petite nouveauté, les 200 marches à descendre qui nous amèneront jusqu’au musée de Confluence et nous éviterons de voir Gerland au loin, les supporters verts présents avions pourtant prévu un petit hommage spécial dédicace aux supporters lyonnais.
 Dommage, les grands classiques se perdent !
 Nous finissons groupé et satisfait à la halle Tony Garnier bien amoché certes, en 7heures 30 en ayant passé les 1200m de Dénivelé positif et idem pour le négatif.
 1 heures 30 de plus que l’année dernière mais peu importe l’important était d’aller au bout tous ensemble.
 Les douches ne seront malheureusement pas assez chaudes et la soupe lyophilisée avec pâtes toujours aussi mauvaises mais chaudes.
 J’ai ensuite fait un petit somme à même le sol (2heures…), j’avais prévu un petit tapis pour reprendre le train qu’à 11h, je suis tombé comme une masse.
 Beau souvenir encore avec les conditions climatiques difficiles et le fait de l’avoir fait à 4.
Je remercie mes coéquipiers et les félicite encore, BRAVO. Celle-ci on s’en souviendra et personne ne vous l’enlèvera de votre CV et pas tout le monde ne l’a !
 Prochain rendez-vous sur un Trail ou peut être un marathon de printemps, je n’ai pas encore décidé mais à plusieurs évidemment.
 A bientôt, tous les nouveaux sont bienvenus !
 Sportivement.
Nico alias Running man
Nicolas Rey